18 mai 2005

OU QUI N'AVANCE PAS RECULE.....

       Bonsoir mes belles... Vos commentaires, je l'avoue, sont le meilleur dopant... Votre soutien est devenu ma drogue dans  cette folle aventure de bricoleuse du dimanche... Je vous passerai l'épisode du plafond, 2ème couche, de la sous -couche sur les murs, sorte de petite chemise de fond sableuse, destinée à recevoir les nouveaux atours de la belle...

       Samedi et dimanche pleins de rebondissements, pendant qu' Ulysse le Goujat était pendu sous son parachute, à s'amuser comme un petit fou avec ses amis (es) ... J'ai parfois des envies de meurtre (si, si !)... D'autant que l'hypocrite me téléphone samedi soir "Où en es tu ?" _Je suis crevée, je n'en peux plus... " Ouais, t'as raison, arrête et prépare toi, on pourrait aller faire un tour en ville..." nb:C'est la féria à Nimes, donc cohue, foule... j'exècre... Il est dingue, c'est pas possible, ou bien il ne se rend pas compte... Enfin je décline l'invitation sans l'ombre d'un remords...

           Dimanche, même topo... enfin, la magic'sous-couche doit sêcher 48h, chouette, un peu de répit..., j'aurai mon lundi de pentecôte libre... et devinez quoi ? pendant que Super U est toujours SOUS son parapluie, eh bien ma foi, j'en profite pour aller faire les courses !!! ben voyons...

           Mardi... Le grand jour est arrivé... Je vous explique... Enfin le côté gratifiant du labeur... Donc : ouvrir un énorme seau joliment baptisé par CASTODELA : Murs d'Autrefois... Ils n'ont peur de rien, moi non plus d'ailleurs ... au point où j'en suis ! Le contenu : une taloche (de celles qui feraient du bien à Ulysse parfois),  et un sac de 12 kg d'une sorte de farine à délayer dans x litres d'eau... Pas de grumeaux . Y plonger d'abord le fouet ménager, puis le liquide devenant de plus en plus compact, ne pas hésiter à y tremper un doigt, une main, enfin jusqu'au coude quoi... Peu à peu la consistance  change... Je crois pétrir de la pâte à pain... mais pour tout un pensionnat... écrabouiller entre ses doigts les boulettes visqueuses qui se réfugient au fond du seau, soulever la masse molle, longtemps, les reins en compote, penser aux femmes d'Afrique chantant quelque mélopée, ne pas connaître de mélopée à chanter, laisser tomber, continuer, se dire que tout a une fin en ce bas monde, les bras aspirés par cette matière étrange, sable mouvant où la conscience se perd, constater que les petits graviers dont la chose est truffée rend la peau bien douce... positiver : les bagues ont pris un coup de jeune... Pas moi... Enfin, ça y est, la mélasse semble à point...

            Précision pour les éventuelles lectrices : je comprendrai parfaitement que d'aucunes abandonnent là le récit palpitant d'une apprentie façadière... Tous ces détails sont surtout destinés à avertir les âmes sensibles de ce qui les attend, si d'aventure elles souhaitent imiter votre serviteur...

             Heure H : La taloche est empoignée avec assurance... (on ne sait jamais, si cet objet inanimé est pourvu d'une âme, je ne voudrais pas l'inquièter en ayant le geste indécis..)... Monter sur l'escabot (le mur est censé se commencer par le haut) prendre une boule de pâte dans le creux de la main gauche, et hop, la soulever lestement du plat de la taloche rassurée, et l'appliquer  hardiment à la jonction mur-plafond... youpi, ça marche... Dans l'histoire, détail qui a son importance pour la suite du récit, il est quand même midi et demi... La matinée ayant été consacrée à maintenir le chantier (en fait toutes les pièces de la demeure en état + lessive + repassage, merci) ...

         

               Allègrement, la taloche entame sa danse virtuelle, je monte, je barbouille, je descends, me penche, reprends une dose, remonte et ... là je devrais mettre , comme dans les explications de tricot , reprendre de * à *....  Au début, c'est rigolo, le mur devient gris ciment, la taloche virtuose se plie avec grace à toutes les torsions de poignet destinées à donner à la surface une texture, un relief, un granité... En fait, entre nous, à ce stade, foin du Mur d'Autrefois, ou alors de très loin, le style mas provençal XVIII ème ressemble plutôt à un mur de garage dans quelque cité abandonnée... manquent juste les seringues par terre... Bon, je m'applique... Deux seaux, j'ai en fait deux seaux de 12kg à mater...un seul est prêt pour l'instant... Heureusement ! Le détail qui tue : la durée de vie du produit préparé est de ... six heures... et il ne se conserve pas ! 

            Toute à ma concentration, la langue qui pendouille au sol et ramasse de ce fait les incontournables gouttes (?) qui inéluctablement s'écrasent au sol comme autant de petites bouses blanchâtres que ma taloche atteinte d'entérite lâche parfois sans vergogne... je ne me rends pas compte de l'heure... J'en suis encore à Carper Diem sans retenue, tant l'exercice est divertissant... Brusquement, prise de conscience... : mes yeux effarés se fixent simultanément sur le contenu du seau 3/4 plein, soit 1/4 vide, et sur la pendule, inexorable comme toutes les pendules... La mixture est ephémère, ses heures sont comptées... Seule solution : accélérer le mouvement... La taloche devient frénétique, monter, descendre, à la volée reprendre une fournée, remonter... Plus drôle du tout... Vivaldi, mon petit Lhassa, compatit, me regarde assis au pied de l'échelle, pose parfois ses deux petites pattes avant sur mes épaules, alors que je m'acharne à longer les plinthes sans en émettre (des plaintes pardi !)...

          Anecdote pour Ulysse : il est spécifié dans la notice qu'une seule et même personne doit appliquer l'enduit, la gestuelle étant propre à chacun, il serait regrettable pour l'homogénéité de la paroi que les bonnes volontés se bousculent sur le lieu de la tragédie... A ce sujet, je n'ai rien à craindre...

           Bon, je serai brève (?)... 19.30 h... les hostilités sont terminées. Le seau est vide. Moi aussi. J'ai fait la moitié de la cuisine. Douchée, hébétée, sans manger...Au lit... (pour un régime plus sévère, il est préconisé de refaire TOUTE sa maison... en cas de surpoids important, ne pas hésiter à refaire les façades au crépi écrasé à la main... je vous passe le nombre de muscles sollicités...) Vous êtes en immeuble ? Petites veinardes... ce sont des mois de régime improvisé qui vous attendent !)

           Partant du principe qu'à chaque jour suffit sa peine, je vous ferai grâce pour ce soir des aléas d'aujourd'hui... Celles qui lisent ces dernières lignes sont des saintes... et je comprends parfaitement les tricoteuses déçues de tomber sur un blog déjanté où l'on parle de tout, sauf de tricot, ce faisant on ne peut leur en vouloir d'abandonner en cours de travaux...

           Ceci dit, à défaut de massage rédempteur, je me contenterai de fredonner telle Blanche Neige... Un jour, mon Prince viendra ... (bon, enfin, faudrait pas trop qu'il tarde... Allez vite lire le poème pimenté reçu dans les commentaires précédents, un régal de vérité !). A défaut de Prince, beaucoup plus sûr et immédiat, me reste ,

LE PLAISIR DE VOUS LIRE !

            

Posté par PENELOPE à 22:32 - Commentaires [23] - Permalien [#]


Commentaires sur OU QUI N'AVANCE PAS RECULE.....

    c'est vrément réné vo truc de caca boudin moii se ke je ve ses des poéme rigolo sur ulisse

    Posté par mini-mandarin, 15 février 2009 à 13:54 | | Répondre
  • je n'ose te proposer de venir chez moi refaire mes murs ? Ici point d'Ulysse à qui en vouloir de ne point d'aider, pas de parachute non plus, et je suis au 6ème. Alors c'est quand tu veux !Ton interm-de travaux en tous genres me plaît décidément beaucoup...

    Posté par Christine, 18 mai 2005 à 23:16 | | Répondre
  • Tu ne peux pas savoir comme je compatis. D'ailleurs, si j'avais le temps de poster sur mon blog, j'écrirais seulement "tout pareil que Pénélope" avec un lien vers ton blog. Nous, nous sommes trois, mais pour refaire un petit (tout de même) bar en son entier, étage et façade compris. C'est un taudis. Comme toi, les bras m'en tombent. Mais je mange... Faut tenir le coup !
    Allez courage belle Pénélope. Et puis merci, grâce à toi, je me sens moins seule, tricoteuse agrippée à sa ponceuse.

    Posté par MarieH, 18 mai 2005 à 23:19 | | Répondre
  • Comme toujours tu m'a fait rire mais comme tu dois être fatiguée. et tu trouves encore le courage de nous raconter (si bien) tout ça !

    Posté par caro, 18 mai 2005 à 23:22 | | Répondre
  • Pas de tricot ? Aucune importance, car si tu es une magicienne de la taloche (et Ulysse ferait bien de se méfier ), tu es aussi une magicienne du verbe, et on adore ça !
    Bon courage !

    Posté par Christine, 18 mai 2005 à 23:22 | | Répondre
  • J'ai hate pour toi que ce soit termine, en meme temps, c'est tellement bien ecrit qu'on souhaiterait te voir en faire encore juste pour pouvoir lire les anecdotes!

    Posté par Annie, 18 mai 2005 à 23:42 | | Répondre
  • ton style est superbe tu n'envisages pas un reconversion dans la littérature tu y ferais fureur, ton maniement du verbe et de la taloche est un délice qu'Ulysse se méfie un coup de taloche perdue est si vite arrivé )))))
    vivement la suite ... et c'est à consommer sans modération
    Beaucoup de courage Sandrine

    Posté par sand354, 19 mai 2005 à 06:40 | | Répondre
  • Ma chère Pénélope ton humour te sauve heureusement,
    j'en connais beaucoup qui seraient en dépression profonde à ta place !
    Quel don de conteuse tu as ! je te dis comme les copines : pourquoi n'en fais tu pas un livre ?
    Comment va Ulysse ? je suppose fatigué et fourbu après un week-end de Pentecote surchargé d'activités
    diverses extra-crépi de cuisine ?
    Amitiés "drolesse" !

    Posté par jeanne-Marie, 19 mai 2005 à 07:39 | | Répondre
  • l'avantage est que tu gardes ton sens de l'humour!!!
    donc je confirme je ne ferais qu'un simple peiture dans ma cuisine (et dans les autres pièces d'ailleurs)
    bonne journée
    peggy

    Posté par peggy, 19 mai 2005 à 07:56 | | Répondre
  • ah les ôôôômmmmmeeeesssss..............

    Posté par kristelle, 19 mai 2005 à 08:40 | | Répondre
  • Pfiouuu !! Et bien quel labeur !!! Après ta séance de ravallement de cuisine tu devrais demander, que dis-je exiger (!) d'Ulysse qu'il te paie un bon hammam avec gommage etc. Ca fait un bien fou et c'est bon pour ce que tu as !! Un peu de détente sera bien méritée pour une tricoteuse qui a troqué ses aiguilles pour une taloche !
    Allez c'est bientôt la fin (?! je l'esspère !!).
    Biz!

    Posté par Nathalie, 19 mai 2005 à 09:24 | | Répondre
  • C'est la vérité ?

    Je viens de lire ton récit et je suis perplexe:
    Je me demande si ton Super U ne devrait pas faire une remise à niveau, genre modules savoir vivre et règles de la vie à deux, parceque, visiblement,et si ce que tu nous contes est la stricte vérité, moi je le retrograderais bien volontiers et de bon coeur au rang de Minus U.
    Mais, nous, les femmes, nous nous laissons parfois phagociter par des trucs du genre " il finira bien par reconnaitre nos mérites". J'ai connu ça dans une vie antérieure, et l'histoire a mal tourné !
    Mais peut-être es tu trop épuisée en ce moment pour voir le positif dans tout ce chantier !
    Comme tu seras fière, lorsque tes travaux seront terminés, de pouvoir en revendiquer la paternité ! Et, quand ce moment sera venu tu auras ta revanche !

    Posté par Dodile, 19 mai 2005 à 10:05 | | Répondre
  • dis, tu comptes préparer à manger après, en plus, dans ta cuisine ?
    En tout cas, bravo pour tes "12 travaux de pénélope"

    Posté par Melanie, 19 mai 2005 à 14:26 | | Répondre
  • J'ai bien lu en entier, tes déboires. Elles ont tous dits mais aucun homme n'ose te laisser un message. Je te souhaite un bon courage et du repos pour récupérer . Les plats préparés et les conserves sont de rigueur si le restaurant n'arrive pas... Bonne future sieste dans un hamac sous un beau parasol !

    Posté par Gatolagu, 19 mai 2005 à 14:34 | | Répondre
  • Courage courage, ta cuisine va être superbe ! Tu vas tenir la super-forme et tu n'auras rien à envier à superU après cela. J'ai presque honte de rire à ton récit.

    Posté par Sandrine Tricof', 19 mai 2005 à 14:37 | | Répondre
  • J'ai connu ça aussi dans une autre vie ... j'ai retapé quasiment seule 2 maisons ... et un jour Ulysse est parti vers une autre qui ne bricolait pas, ne cuisinait pas, ne repassait pas ... on ne m'y reprendra plus .... Maintenant quand je bricole c'est pour MOI toute seule et je n'hésite pas à demander de l'aide .

    Posté par emesse, 19 mai 2005 à 15:41 | | Répondre
  • Quel courage ! Encore qu'à ce stade, ce n'est peut-être plus du courage... puisqu'il faut bien finir ce que tu as commencé !
    En tout cas, trop loin pour t'aider, je pense bien à toi tous les jours !

    Posté par Catou, 20 mai 2005 à 10:17 | | Répondre
  • Heureux comme Ulysse! non???????????????
    moi je crois bien,
    ben pourquoi veux tu qu'il se souci de tes travaux puisque tu es une chef, une pro même,
    c'est ca d'être douée,
    courage on est de tout coeur avec toi
    à plus
    béatrice zam

    Posté par béatrice zam, 20 mai 2005 à 14:47 | | Répondre
  • je me lassepas de te lire....tu as une super philosophie, et une beaucoup de talents pour dédramatiser ton calvaire.
    tu est vraiment courageuse....
    bises
    Audrey

    Posté par Audrey, 20 mai 2005 à 15:45 | | Répondre
  • Ah! Pénélope! Tu écris si bien... 'est un tel délassement après le travail (et oui, j'ose!)...
    Bon, sinon, chez moi, on a un adage : qui ne travaille pas ne mange pas. Donc, je te propose :
    1 : de faire à manger pour toi toute seule et uniquement pour toi. Quoi? Que dis-tu? Tu as faim? Mais tu n'as pas contribué à l 'amélioration de la cuisine, non?
    2 : de laver ton linge et uniquement le tien.
    3 : de repasser et tranger ton linge et uniquement le tien... Ah ah!
    4 : de passer les poussières uniquement de ton côté du lit et de la chambre... S'il a une chambre à part, un atelier... Pfeu...! tu oublies!
    Non, mais!

    Posté par karine, 20 mai 2005 à 19:45 | | Répondre
  • Super j'étais à la recherche d'une personne compétente pour refaire mon chez moi.

    pendant que tu tatouilles et passe l'enduis à l'ancienne je te fais la lecture, te prépare le thé, le bois pour toi

    Quand à Ulysse surtout envois le au loin

    un vrai plaisir de te lire

    Posté par lilou la teigne, 21 mai 2005 à 18:43 | | Répondre
  • Bon je vais venir t'aider à finir ta cuisine et tu m'apprendras à écrire de si joli post quel talent, tu écris si bien que je reste toujours scotché en te lisant et surtout quand j'arrive à la fin et que je m'appercois que j'ai tout lu
    Courage pour la fin des travaux et à bientot de te lire

    Posté par Krystine, 22 mai 2005 à 23:36 | | Répondre
  • ah pénélope...

    tu me fais mourir de rire..même si tu fais peine avec tes expériences difficiles, ta ténacité a l'air a toute épreuve , alors haut les coeurs...j'ai hâte de lire la suite.

    Posté par cocob, 23 mai 2005 à 06:51 | | Répondre
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