En attendant Ulysse...le blog de Pénélope...

Comme elle, je brode, je couds, je tricote, je peins, j'écris... Elle ne faisait pas de photo, moi si ! Quant à Ulysse... !

15 mai 2005

LA SEMAINE DU BLANC....

         Bonsoir mes douces... Aurez-vous l'indulgence de me pardonner si mes propos ce soir sont décousus, fourbue je suis et ne vois plus le bout de ma petite entreprise... Pas de photos, j'en ferai demain, mais réfléchissez bien avant de vous lancer, si d'aventure, mon expérience éveillait des vélléités de grand chambardement chez certaines d'entre vous... Ce n'est plus un chantier, c'est un cauchemar... Imaginez, après les illustrations du post précédent, la suite logique est de peindre le plafond...

          Armée d'une lance au bout de laquelle s'agite un rouleau poilu, je me mets en devoir de blanchir la voûte celeste... Telle Ivanohé, j'attaque, simplement équipée d'un escabot pour toute monture... D'un geste vigoureux, la lance est plantée dans la mélasse laiteuse... Le rouleau alourdi s'élève vers le ciel, dégoulinant des larmes opaques qui viennent s'écraser sans bruit au sol ou sur mon visage implorant comme celui d'une madone au pied de la croix...

          Passer outre ce genre de vicissitude et enduire avec délicatesse et fermeté mon ciel de casseroles... (ben oui, certains ont des ciels de lit, ici c'est un ciel de gamelles)... Rrrr... rrrrr ... RRR... rrrr... gazouille mon poilu au fil de mes aller-retour au firmament... Le carrelage maculé me rappelle un conseil glané chez Castodelà : mouiller en permanence le sol pour éviter que la peinture ne sêche et pouvoir l'enlever ultérieurement avec grâce et simplicité... O.K. c'est la Féria à Nimes, mon balai espagnol dansera donc un flamenco jubilatoire et préventif...

          On continue... Surtout, bien croiser les passages, en exécutant un mouvement de balancier de tout le corps, comme un gros ours ballot devant une ruche, ça à l'air d'avancer... Sauf que... Un gros ours fait rarement un vol plané lance à la main après avoir glissé sur le sol beurré de peinture bien liquéfiée par la danseuse de flamenco... Galère... On se reprend... Ding, ding, ding... Le lustre non décroché par Ulysse se prend des coups de manche dans ses tulipes de verre... Pas grave... De toute façon, un bon prétexte pour s'en débarasser, s'il avait la délicatesse de se laisser choir de lui-même, attendu qu'il n'est plus en odeur de sainteté ... (faut pas rêver, il tient bon l'animal, pourtant une jolie petite place l'attend dans le garage, l'heure de la retraite a sonné, mais il s'accroche, c'est le moins qu'on puisse dire ! et au plafond en plus !)

          Le dessus des meubles suspendus, un pensum... la hallebarde doit alors être tenue parallèle au plafond, mais à 20 cm, ce qui oblige à se contorsionner sur l'escabot devenu glissant à son tour, par mimétisme avec le carrelage je suppose...

           Je vous passerai l'épisode de la poutre qui traverse la cuisine, divisant le plafond en deux quadrilatères... poutre qui a l'élégance de s'effriter au moment où je la roule voluptueusement sous les poils de l'anti-gouttes, race du rouleau dont je me sers...

            Alors là mes amies, les épaules douloureuses s'affaissent un peu  plus , les trapèzes contractés enserrent une nuque bloquée par la position de l'oie au moment du gavage, dire que les bras tombent serait exagéré, à moins de se prendre pour la Vénus de Milo, laquelle n'a certainement jamais repeint de plafond... Ou alors celui de quelque "impluvium", histoire de se faire remarquer ... Mais si les bras pendent encore au bout des clavicules, comme deux loques inertes, deux volets battus par les vents dans la tempête, le moral lui se liquéfie dans le conseil sus-cité et gadouilleux... Il faut tout stopper, gâcher à nouveau du plâtre, avec l'impression simultanée de gâcher son temps, ré-enduire la fissure félone, écraser la traîtresse qui , outrecuidante, s'est permis d'interrompre le ballet du rouleau...

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INTERLUDE

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QUE FAIT ULYSSE PENDANT CE TEMPS ?

RASSUREZ VOUS, IL REGARDE LA TELE ....

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        Après deux heures de combat inégal avec un élément d'une navrante platitude, le plafond m'illumine de sa blancheur retrouvée ... Votre serviteur, épuisée, se laisse masser par une douche bienfaisante avant de tomber, ivre de fatigue... Le repos du guerrier peut commencer...

         Suite de nos aventures dans le prochain numéro... Ne ratez pas : La Vengeance des Murs Dénudés, ou comment la couche d'acrylique précède la couche d'apprêt, les deux s'évertuant à vous faire abandonner le projet...

         Avant de me livrer corps et âme au Sommeil Réparateur, je ne peux me passer d'un petit plaisir....

CELUI DE VOUS LIRE BIEN SUR.......

Posté par PENELOPE à 23:55 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Oh ma pauvre, comme tu as du courage pour faire tout cela toute seule! Et après on ose dire que les travaux manuels sont l'apanage des hommes? Honte à lui qui regarde la télé pendant que sa tendre moitié torture son dos et ses épaules pour que leur petit nid d'amour soit encore plus beau! (enfin je pense qu'il doit avoir d'autres qualités ;-)

Posté par Marina, 16 mai 2005 à 00:33

quel courage, j'ai hâte de voir la cuisine terminée, je suppose que tu en seras extrêment fière et tu aurais bien raison
COURAGE, les travaux avancent bien et tu veras bientôt le bout de ta peine

Posté par sand354, 16 mai 2005 à 06:17

Eh oui, Pénélope les plafonds c'est l'horreur ! Mais renseigne toi chez Castodecheztoi il y a de la peinture qui ne goutte pas, une sorte de crème.
Quoi qu'il en soit le plus dur est fait. Les murs vont te paraître du gateau à côté. Mais pourquoi ne secoues tu pas Ulysse de temps en temps ? Moi je ne
suis pas aussi pacifique que toi, il faut que je le
titille jusqu'à ce qu'il en ai marre...
Quand tout sera terminé tu seras bien "benaise" dans
ton royaume des casserolles !

Posté par jeanne-Marie, 16 mai 2005 à 07:46

Après tant d'acharnement, tu seras fière de nous présenter ton royaume de gamelles !! Jeanne-Marie dit juste, le plus dur est passé (le plafond c'est vraiment pas marrant) ! Courage pour la dernière ligne droite, Ulysse aurait-il des talents de masseur ?? Ca pourait t'être utile après une telle journée !! Repose toi bien, je t'envoie une dose de courage pour la fin des travaux !

Posté par Nathalie, 16 mai 2005 à 10:27

Le positif dans ton aventure, c'est qu'au moins quand tu auras tout terminé. Tu te rendra compte que non tu n'a pas perdu ton temps.
Courage.....
Bises
Audrey

Posté par AudreyZam, 16 mai 2005 à 10:35

Tu es bien courageuse de te lancer seule dans l'aventure. j'imagine que de toutes façons, ce n'est pas Ulysse qui aurait pris les choses en main, car probablement lui, il trouvait la cuisine encore très bien ???
Je compatis à ta douleur tant morale que physique, et quand ta cuisine sera toute pimpante, tu pourras fêter l'évènement, mais Ulysse n'aura pas le droit puisqu'il n'aura pas participé...

Posté par Sandrine Tricof', 16 mai 2005 à 10:42

Quel courage de tout faire toute seule, ma pauvre je comprends que tu sois crevée ! Ulysse exagère vraiment, il ne devrait pas avoir droit aux bons petits plats qui seront préparés dans la belle cuisine toute neuve !!

Posté par Christine, 16 mai 2005 à 11:02

Il est terrible cet Ulysse qui se prélasse devant la télé pendant que tu mène un combat douleureux avec ton rouleau. Il est vrai que le plafond est la partie la plus pénible. Mais courage, tu seras si contente dans ta belle cuisine d'ici quelques jours.

Posté par caro, 16 mai 2005 à 11:23

Je crois que dans la version ulysse du jardin j'ai le même à la maison et mon travail extérieur se fait malheureusement chaque année avec mes petits bras les hommes et le bricolages je crois que ça devient une espèce rare, bon courage petite pénéloppe je suis de tout coeur avec toi

Posté par Krystine, 16 mai 2005 à 12:13

oserais-je ?...Accroches-toi au rouleau, je retire l'escabeau ...oui, je sais, c'est nul !!

Posté par Cécile, 17 mai 2005 à 11:06

C'est sûr que je compatis à tes peines ! Mais qu'est-ce que j'ai ri en te lisant, c'est tellement bien raconté que je te voyais te démener avec ton plafond !
Pff, ça doit être notre prénom qui veut ça, se lancer dans des entreprises aussi pénibles et sans aide extérieure !
Je crois qu'Ulysse devrait lire ton blog et les commentaires... ensuite il se mettra du CALT !!!
COURAGE ! Le plus dur est fait !

Posté par Catou, 17 mai 2005 à 14:13

encore merci

Toi l'épouse modèle
Le grillon du foyer
Toi qui n'a point d'accrocs
Dans ta robe de mariée
Toi l'intraitable Pénélope
En suivant ton petit
Bonhomme de bonheur
Ne berces-tu jamais
En tout bien tout honneur
De jolies pensées interlopes
De jolies pensées interlopes...

Derrière tes rideaux
Dans ton juste milieu
En attendant l'retour
D'un Ulysse de banlieue
Penchée sur tes travaux de toile
Les soirs de vague à l'âme
Et de mélancolie
N'as tu jamais en rêve
Au ciel d'un autre lit
Compté de nouvelles étoiles
Compté de nouvelles étoiles...

N'as-tu jamais encore
Appelé de tes vœux
L'amourette qui passe
Qui vous prend aux cheveux
Qui vous compte des bagatelles
Qui met la marguerite
Au jardin potager
La pomme défendue
Aux branches du verger
Et le désordre à vos dentelles
Et le désordre à vos dentelles...

N'as-tu jamais souhaité
De revoir en chemin
Cet ange, ce démon
Qui son arc à la main
Décoche des flèches malignes
Qui rend leur chair de femme
Aux plus froides statues
Les bascul' de leur socle
Bouscule leur vertu
Arrache leur feuille de vigne
Arrache leur feuille de vigne...

N'aie crainte que le ciel
Ne t'en tienne rigueur
Il n'y a vraiment pas là
De quoi fouetter un cœur
Qui bat la campagne et galope
C'est la faute commune
Et le péché véniel
C'est la face cachée
De la lune de miel
Et la rançon de Pénélope
Et la rançon de Pénélope...
Bonjour, je suis plasticienne dans le sud et je travaille actuellement sur pénélope (la Femme et pas le symbôle qui ne me semble plus viable aujourd'hui.Il en est de même pour Ulysse qui serait bien en mal aujourd'hui de rejouer l'Odyssée). Votre blog m'est une source d'inspiration inespérée.Puis je prélever quelques phrases?? Merci.(une femme de 45 ans qui ne coud pas, ne brode pas ....)

Posté par jyl, 18 mai 2005 à 07:17

ce qui est génial avec toi, c'est que ces corvées les plus ingrates, souvent faites par nos soins ( car nos hommes ne comprennent pas pourquoi il faut refaire les peintures...)deviennent sous ta narration, une super histoire bien marrante, et même plaisante, bravo, tu est un sacré phénoméne, ne nous oublie pas, bon courage, ta vengence arrivera lorsque tu déposeras ce foutu rouleau dans la poubelle!!!!
béatrice zam

Posté par béatrice zam, 18 mai 2005 à 09:35

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